How to see an Italian film doubled in Russian arriving half an hour late?

kinograf_1Friday. Night has already fallen. The film (8.5 by Fellini) starts at 8 pm. It’s 8.30 pm. I’m on a street, in search of the cinema Kinograf, 153, Proletarian Street. We are in Russia! No cinema on the horizon. It’s cold. Everything is fine. Not a cat. Anyway, in my opinion, a cat would not help me finding where 8.5 by Fellini is broadcasted. I do not know why, cats are not fans of Fellini. I have often had occasion to notice it. Then I see two passers-by, one speaking Russian, the other speaking Russian too. So, we speak Russian. “Где кинограф?”. In their answer, I understand that they know nothing about it at all. One of them gets out his smartphone to look for the place on Google Map, or 2gis, a site that everyone uses here. After a few minutes, he tells me the direction. Basically, the direction from which I come. Okay, I may have missed something. Indeed, I had missed something.

The film has already started for thirty or forty minutes when I finally arrive at the cinema. It should be 8.30 pm. The film began at 8 pm, but 8.30 pm, is it not the perfect time to come and see a film called 8.5 ? Anyway, since I am here, I should enter and ask for informations. Kinograf seems to be a cinema of art and essay, it should propose French or Anglo-Saxon films subtitled in Russian.

When I open the door, I am welcomed by a man with a bonnet. Another Russian. He speaks Russian to me. I answer him in Russian. He tells me that tonight’s film is not subtitled. I am a little surprised of this. It seemed to me that it was the kind of place where you can watch Swedish films subtitled in Japanese. His colleague, who can speak English, joins the discussion. A few minutes later – the idea seemed totally absurd to me before – I am seriously considering accepting his invitation to come and see a film that I cannot understand. To find yourself in an art cinema and try to watch an Italian film doubled in Russian an evening in Siberia is improbable. Yeah, I like this idea.

When I enter the dark room filled with cinephiles, I make myself as discreet as possible and I begin to watch the film. Of course, Russian langage covers the Italian voices, which does not help me to understand… “Потому что” (“because” in Russian)… Ah, at least, I have understood that there is a causal link.

There came a time when the end credits appear. It is often like that. On the other hand, one does not always have the opportunity to discuss with the other spectators after a film. Here, you can. The aficionados invite me to join them. As Yuri – or someone else – said, that night, “when you see a film like this, you need to talk about it later.” Fortunately, I had a translator to tell me what was said.

“It was in this cinema that the films were broadcast for the first time in Krasnoyarsk”, I was explained. They promised me that next time, I would discover the backstage, with the reels, and everything. Meanwhile, I went back home with Fellini, Russian and Italian languages running into my head.

The Kinograf and its 4000 films

A week later, I was back at the Kinograf. That evening, we could watch a Russian film realized in 2012: Pavel Lounguine’s The Conductor (Дирижёр). Before, a little tour took place in this place full of history that had made dream many moviegoers since the 1930’s. After passing in front of Tsar, Mirror and other films’ posters, we entered the room where are deposited the films. As each film is on several reels, they are on several shelves. Here we also find spotlights. A little paradise for any cinephile.

After seeing all this, we can go and watch The Conductor. After several minutes after the beginning of the film, the projector goes out and the room plunges into the darkness. First, I believe I was a breakdown. Finally, it appears to be normal. The film being distributed on nine reels, it is necessary to wait a few minutes before seeing the continuation. The time to change the reel, and it’s gone. Waiting for the loading of the film that is watched in streaming on the Internet is of the most annoying. On the contrary, this small intermission of a few minutes is charming. It also gives me the opportunity to talk with the other spectators and ask them what I did not understand. The kind of trick that’s hard to do in a Pathé Gaumont (big cinemas in France). Of course, as it is a Russian film, there are not subtitles. Fortunately, I have read the abstract before, so I am not completely lost. The language barrier troubles me to understand some parts of the plot, but I can appreciate the light and the music that accompanies the characters throughout the film.

Vendredi soir. La nuit est déjà tombée. Le film commence à 20h. Il est 20h30. Je suis dans une rue, à la recherche du cinéma Kinograf, 153, rue du prolétaire. Eh oui, nous sommes bien en Russie ! Pas de cinéma à l’horizon. Il fait froid. Tout va bien. Pas un chat. Enfin, si, peut-être, mais à mon avis, il ne sait pas où se passe la diffusion de 8,5, de Fellini. Je sais pas pourquoi, les chats ne sont pas fans de Fellini. J’ai souvent eu l’occasion de le remarquer. C’est alors que j’aperçois deux passants. L’un parle russe, l’autre russe. Alors, on parle russe. « Где кинограф ? ». Dans leur réponse, je comprend bien qu’il n’en savent rien du tout. L’un d’eux sort son smartphone pour chercher l’endroit sur Google Map, ou bien 2gis, un site que tout le monde utilise, ici. Après quelques minutes, il m’indique la direction. En gros, la direction d’où je viens. D’accord, j’ai peut-être loupé quelque chose. En effet, j’avais bien loupé quelque chose.

Le film a commencé depuis trente ou quarante minutes quand j’arrive enfin au cinéma. Il doit être 20 h 30. Le film commençait à 20 h, mais 20 h 30, n’est-ce pas l’heure idéale pour venir voir un film qui s’intitule 8,5 ? Quoi qu’il en soit, puisque je suis là, autant entrer, ne serait-ce que pour prendre des renseignements pour une autre fois. D’après ce que j’ai compris, le Kinograf a l’air barré cinéma art et essai.. Peut-être qu’ils passent des films français ou anglo-saxons sous-titrés en russe.

Quand j’ouvre la porte, je suis accueilli par un homme avec un bonnet. Encore un russe. Il me parle russe. Je lui répond en russe. Il m’apprend que le film de ce soir n’est pas sous-titré. Tiens, j’aurais crû. C’est le genre de lieu qui passe des films suédois sous-titrés en japonais. Sa collègue, qui parle anglais, ne tarde pas à se joindre à la discussion. Quelques minutes plus tard, alors que l’idée me paraissait totalement saugrenue auparavant, j’envisageais sérieusement d’accepter son invitation à venir voir un film dont je ne comprendrais quasiment rien. Se retrouver dans un cinéma d’art et essai à regarder un film italien doublé en russe un soir en Sibérie, c’est improbable. Ouais, ça me plaît.

Quand j’entre dans la salle obscure remplie de russes cinéphiles, je me fais aussi discret que possible et je commence à comprendre quelque chose au film. Bien sûr, le russe recouvre la voix italienne, ce qui n’est pas pour m’aider à comprendre. « потому что » (« parce que », en russe). Ah, il y a un lien de cause à effet. C’est déjà ça de compris.

Vient un moment où le générique de fin apparaît. C’est souvent comme ça. Par contre, on n’a pas toujours l’occasion de discuter avec les autres spectateurs après un film. Bah là, si. Les aficionados m’invitent à se joindre à eux. Comme le disait Yuri, ou quelqu’un d’autre, ce soir-là, « quand on voit un film comme celui-ci, on a besoin d’en parler après ». Heureusement, j’avais une traductrice attitrée pour m’expliquer ce qui se disait.

« C’est dans cette salle qu’étaient diffusées les premières », m’expliquait quelqu’un, ce soir-là. Oui, je sais, je cite pas mes sources, c’est pas rigoureux, mais je ne sais plus qui a dit quoi, mais j’ai envie d’ajouter des citations quand même, et puis je fais je que je veux, c’est mon blog. Pour la prochaine fois, ils m’ont promis de me faire découvrir les coulisses, avec les bobines, et tout. En attendant, direction la case départ, à l’appart’, avec du Fellini, du russe et de l’italien, plein la tête.

Le Kinograf et ses 4000 films

Une semaine plus tard, me revoilà au Kinograf. Ce soir-là, on projette un film russe sorti en 2012 : Le Chef d’orchestre (Дирижёр), de Pavel Lounguine. Mais avant, un petit tour s’impose dans ce lieu chargé d’histoire qui fait rêver les cinéphiles depuis les années 1930. Après être passés devant l’affiche de Tsar, du Miroir et d’autres films, nous pénétrons dans la pièce où sont déposés les films. Comme chaque film est sur plusieurs bobines, il y en a sur plusieurs étagères. Ici, on découvre aussi des projecteurs. Un petit paradis pour tout cinéphile qui se respecte.

Maintenant qu’on a vu tout ça, on peut aller voir Le Chef d’orchestre… Après plusieurs minutes de film, le projecteur s’éteint et le noir s’installe dans la salle. Je crois d’abord à une panne. Mais non, c’est normal. Le film étant réparti sur neuf bobines, il faut attendre quelques minutes avant de voir la suite. Le temps de changer la bobine, et c’est reparti. Autant attendre le chargement du film qu’on regarde en streaming sur Internet est des plus énervants, autant cette petite entracte de quelques minutes a son charme. Elle me donne aussi l’occasion de discuter avec les autres et de leur demander ce que je n’ai pas compris. Le genre de truc difficile à faire dans un Gaumont Pathé. Bien sûr, comme c’est un film russe, pas de sous-titres. Heureusement, j’ai lu le résumé avant, donc je ne suis pas complètement perdu, d’autant plus que, si la barrière de la langue me gêne pour comprendre certaines parties de l’intrigue, mais elle ne m’empêche pas d’apprécier la lumière et la musique qui accompagne les personnages tout au long du film.

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